Mobilisation du 17 octobre contre le prix du carburant : stations-service et péages visés samedi, 42 % des stations Total en rupture
Alexandre Nunes · 2026-10-16

Samedi 17 octobre, des appels à manifester contre la vie chère et le prix du carburant visent directement les stations-service, les péages et les dépôts pétroliers. Ils tombent au plus mauvais moment : vendredi matin, 914 des 2 161 stations TotalEnergies (42 %) déclaraient une rupture d'au moins un carburant, contre 836 jeudi. Si vous devez rouler ce week-end, mieux vaut ne pas partir avec la réserve.
Ce qui est prévu samedi
Selon franceinfo, la mobilisation est portée par des figures des Gilets jaunes, qui l'organisent sur les réseaux sociaux depuis septembre, et a été relancée par le mouvement lycéen de la mi-octobre. Solidaires et la Confédération paysanne ont annoncé leur participation ; la CGT soutient l'appel. Près d'un millier d'actions sont recensées sur deux cartes en ligne : des manifestations dans les grandes villes, l'occupation de ronds-points et des appels à bloquer des stations-service, des péages et des gares. Certains groupes prévoient de se rassembler dès vendredi soir.
Ces cartes sont collaboratives : toutes les actions annoncées n'auront pas lieu, et leur ampleur reste incertaine. Bloquer une station ou une route est par ailleurs un délit qui expose à des poursuites.
La grève TotalEnergies repart à la hausse
Après une légère accalmie en début de semaine (797 stations en rupture mardi), les chiffres déclarés par les stations remontent :
- stations TotalEnergies en rupture : 914 sur 2 161, dont 183 sans aucun carburant ;
- carburants qui manquent le plus : le SP98 (660 stations du groupe), le SP95-E10 (325) et le gazole (255) ;
- sur autoroute : 13 stations du groupe sur 122 ;
- autres enseignes : 170 stations sur 7 565 en rupture, soit à peine plus de 2 %.
L'Est reste le plus touché : dans le Bas-Rhin, 33 stations TotalEnergies sur 37 déclarent une rupture, 21 sur 26 dans le Haut-Rhin et 16 sur 20 en Meurthe-et-Moselle. La raffinerie de Normandie, qui produit environ 12 % du carburant vendu en France, est en arrêt intermédiaire pour une vingtaine de jours depuis le début de la semaine.
Et après samedi
Les routiers de l'OTRE et les autocaristes de la FAI appellent à leur tour à converger sur Paris le mercredi 21 octobre pour réclamer une baisse du gazole et une meilleure indexation ; la FNTR doit décider lundi 19 octobre si elle s'y joint. Côté prix, le gazole coûte en moyenne 2,362 €/l ce vendredi, 1,4 centime de plus qu'il y a une semaine, et le SP95-E10 2,166 €/l. La baisse liée aux stocks stratégiques n'est attendue qu'au 1er novembre.
Avant de prendre la route
Pas de pénurie générale : près de 98 % des stations des autres enseignes sont approvisionnées. Remplir des bidons ne sert à rien et vide les cuves plus vite. Mais si vous habitez dans l'Est ou dépendez d'une station Total, faites le plein avant samedi plutôt que pendant. Les stations les moins chères près de chez vous et la carte n'affichent pas un carburant déclaré en rupture ; les prix du jour donnent la moyenne nationale.
D'où viennent ces informations
Les ruptures sont celles que chaque station déclare à prix-carburants.gouv.fr, relevées le vendredi 16 octobre vers 10 h ; une station qui ne met pas sa déclaration à jour n'apparaît pas. Les informations sur la mobilisation viennent de franceinfo et des cartes des organisateurs, celles sur les routiers de Trans.info et de la presse économique.